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Visite
de l’ancienne capitale d’Ossau
par
Jean-Pierre
DUGENE

Nous
vous convions à une promenade à travers notre village, et nous
vous invitons à faire une halte en des points dignes d’intérêt.
Classés de 1 à 25 sur le plan
ci-joint, nous vous conseillons d’en suivre la chronologie pour une
meilleure approche dans la connaissance du bourg.
1. Situation de village
Nous
sommes en partie plate d’une auge glaciaire. Le glacier d’Ossau
avait une épaisseur de 300 à 500 mètres au niveau de
Bielle. Les crêtes que l’on aperçoit à l’ouest,
au dessus de Bilhères, sont des moraines (dépôts glacières).
Le village est partagé en deux par l’Arriu-Mage (le plus grand
ruisseau). Tout au long de celui-ci, vous remarquerez des ponts, des abreuvoirs,
des fontaines, des lavoirs. Autrefois, une dizaine de moulins bordaient
ces rives. L’autre axe important autour duquel s’organise le
village, est la route : aujourd’hui nationale, hier impériale,
et bien avant, chemin du pèlerinage de St Jacques de COMPOSTELLE. |
2. Les matériaux employés
Autour de vous, remarquez les murs bâtis,
à l’aide des galets et de pierres ramassées dans l’environnement.
Seuls les encadrements des portes et des fenêtres sont en pierres
taillées, souvent de marbre (non poli). Les charpentes ont été
fabriquées avec le bois des forêts communales. L’administration
forestière tolérait cet approvisionnement pour des constructions
ou des réparations. La couverture est presque toujours d’ardoises.
Il existait des ardoisières dans presque tous les villages, et ce
n’est qu’autour des années 1870 que l’on fit venir
des ardoises de la région lourdaise. |
3. La porte, lieu symbolique
Cette
bâtisse, ancienne poste-mairie et maintenant habitation à caractère
social, possède une porte d’entrée en arc bombé,
où la clef de voûte est en marbre sculpté. L’artisan
exprime un vœu de prospérité-fécondité,
qui se lit comme suit : au bas de la pierre, un demi-cercle représente
la terre. Au-dessus, des rameaux végétaux indiquent la fécondité
et la prospérité de cette terre. Le sculpteur émet
le vœu qu’en passant sous cette représentation symbolique,
les familles qui vivent là soient prospères et fécondes.
A plusieurs reprises dans le village, on trouvera le même thème,
toujours sur la porte, lieu de passage symbolique fort. |
4. Thème religieux
On
croit en Dieu et on l’exprime sur les maisons. Sur la clef de voûte
de cette porte, en anse de panier, un serpent entrelacé de trois
barres verticales représentant un chrisme : «IHS» soit
«Jésus
sauveur des hommes».
Dans les villages voisins de Béost et de Louvie-soubiron, des phrases
telles que «Dieu bénisse cette maison» expriment la foi
des habitants. |
5. Maison Sarrailh
C’est
encore le thème religieux qui orne les deux ouvertures principales.
Les pierres en saillies sur la façade servaient à tenir un
auvent. Les encadrements de fenêtres à meneaux ne sont pas
toujours originaires de la maison, certains, avec anges portant blason ou
phylactère, ont été récupérés
sur un édifice antérieur. |
6. L’ancienne coop
Un
cartouche est à rattacher au thème des bâtisseurs. Daté
de 1773, on y voit une équerre sur la gauche et un niveau de maçon
à droite. Une quille surmontée d’une couronne, représente
le Roi Salomon, l’un des trois fondateurs du compagnonnage. Des tailleurs
de pierres se déplaçaient pour se perfectionner dans leur
métier. A cette époque, le compagnonnage monopolisait la taille
de la pierre. On retrouve les marques du passage obligés par cette
organisation sur les sculptures des clefs de voûte, des linteaux et
des cartouches des façades des maisons ossaloises. |
6bis. La petite tête
Au-dessus
du cartouche, une tête caractérise une maison de cagots. Pour
les uns, les cagots étaient des anciens lépreux (faux), d’après
les autres ils étaient les descendants d’envahisseurs wisigoths,
ostrogoths, d’où le nom de cagot « chien de goths ».
Exclus du culte et des bourgs, ils purent regagner les églises grâce
à une bulle papale et vivre dans les villages, dans des quartiers
qui leurs étaient assignés comme en vallée d’Aspe.
Ils étaient interdits de linteau en pierres et ils avaient obligation,
à Jurançon, par exemple, d’apposer une petite figurine
d’homme en pierre sur la porte de la maison. C’est ce signe
infamant que l’on retrouve ici comme sur une dizaine de maisons de
la vallée. |
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