Le tableau de Saint Vivien dans l’église de BIELLE

Une œuvre d’art un “peu” oubliée

Saint Vivien par François NICOLLET (vers 1800) Eglise St Vivien de Charras (Charente)

L’église Saint Vivien de BIELLE date du XVe siècle, elle a été construite à l’emplacement d’une ancienne plus petite déjà placée sous ce patronage.

Vivien, Vibianus en latin, dérivé de vivere, vivre.

Quatre Saints portent le nom de Vivien :

  • Vivien de Sébaste (un des 40 martyrs de Sébaste, actuelle Turquie, † vers 324)
  • Vivien d’Écosse (Évêque en Écosse, † vers 615)
  • Vivien d’Aliscans (chevalier de Charlemagne † au IXe siècle. Légende, histoire ?)
  • Vivien de Saintes (Évêque de Saintes † vers 460)

Ce dernier suivant une tradition ancienne est le St patron de l’église de Bielle.

Pourquoi, je ne le sais pas ; influence monastique ou dévotion populaire transmise par un prêcheur itinérant ou encore culte de reliques (*) ?

Ce patronage est très rare, voire inexistant, dans les Pyrénées-Atlantiques.

Vivien de Saintes Ve siècle.

Pastoralement très engagé, il accompagne jusqu’à Toulouse les prisonniers de Saintes capturés par le roi wisigoth Théodoric. Ce soutien impressionne le roi qui libère tous les prisonniers.

Vivien sera canonisé par l’église. Il est vénéré comme protecteur contre les invasions (entre autres). Son culte est surtout présent dans les Charentes, en Gironde…

(*) de St Vivien, reste mon hypothèse.

Le tableau de St Vivien Évêque (ci dessous) dans l’église de BIELLE

Toile et cadre sont inscrits au titre des objets monuments historiques.

Tableau de Saint Vivien dans l’église de BIELLE

Sans signature, il est probablement de la main de F. Nicollet (1762-1833) auteur de plusieurs St Vivien Évêque (cf. église de CHARRAS), ses œuvres n’étaient pas toujours signées. Huile sur toile, cadre en bois peint et doré, il est daté du 1er quart du XIXe siècle (peut-être inexacte, plutôt toute fin XVIIIe siècle à mon avis / Wikipédia).

Situation : bas-côté sud, extrémité ouest de l’église, il porte les stigmates du temps, sans indication récente d’entretien.

Présence de grandes déchirures, de salissures et couleurs ternes.

Ce tableau n’est donc pas dans un bon état de conservation. Présence de grandes déchirures, de salissures et couleurs ternes. Patrimoine national reconnu, il est d’un grand intérêt local. Il mérite d’être restauré !
Comme indiqué c’est un don, à priori de François de Laborde (1761-1802) fils de Jean Joseph, marquis de Laborde célèbre financier de Louis XV et Louis XVI. Les racines de cette famille sont à Bielle.

François de Laborde est banquier lui aussi, homme politique, amateur de jardins (cf. jardin du château de Méréville), collectionneur d’arts… Il finance et organise la vente de la fameuse collection de tableaux des ducs d’Orléans. (500 tableaux environ, des Rubens, Murillo, Poussin…). Deux de ses frères sont morts tragiquement en 1786 dans la baie des français lors de l’expédition Lapérouse. (cf. chroniques de mars et avril 2025).

Vincent GARNOIX – Août 2025